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Je n’aime pas l’idée que je me fais de moi

14 avril 2012

Si j’aime l’idée d’être pour les autres, je n’aime pas l’idée que je me fais de moi. A peine est-ce que j’ai écrit ces mots, je vois d’ici les mines pleines de compassion des gens qui me sont plus ou moins proches, j’entends d’ici leurs paroles pleines de gentillesse et de bon sens qui vont tailler en pièces avec douceur mon affirmation. Les gens n’aiment pas l’idée que quelqu’un ne puisse pas s’aimer lui-même. Pour eux, il s’agit d’un principe inamovible et surtout la source de tout le reste. Dans leur esprit et dans leur “religion”, quelqu’un qui ne s’aime pas, ne peut pas aimer les autres et c’est là, la source de l’échec. Pourtant, il n’est rien pour faire la démonstration de ce précepte, de cette loi soit-disant naturelle. Mais que faire pour démontrer le contraire d’une non-argumentation.

“C’est comme cela et cela a toujours été, et ce n’est pas toi qui vas changer les choses. Surtout avec des idées comme cela.”

Quand vous entendez cela, vous êtes obligés d’acquiescer. Non, c’est vrai, ce n’est pas vous qui allez changer les choses. Surtout avec des idées comme cela. Il est tellement aberrant d’imaginer que quelqu’un puisse vivre sans avoir un égo prêt à l’étouffer avant même d’avoir regardé ce qui l’entoure… Non… C’est inimaginable.

Vous continuez alors à avancer, coincé entre l’idée d’être une anomalie et l’envie que vous avez de vous nier pour laisser la place à ce qui a de l’importance, c’est-à-dire, l’autre. C’est une sorte de paradoxe. Vous êtes renvoyé vers vous lorsque vous vous mettez dans une position d’aimer l’autre. La vérité ? C’est juste que les gens n’arrivent à se voir au travers des autres. En fait, leur individualité les aveugle sur le reflet que les personnes leur renvoient. Ils voudraient pouvoir se voir comme ils s’imaginent être et non pas comme ils sont perçus. Et pourtant, c’est bien là, l’enjeu. Etre pour ce qu’on perçoit de nous et non, pour ce qu’on imagine pouvoir être.

Il y a sûrement un problème de personnalité à la base de cette démarche. La plupart des gens entendent leur personnalité au travers des caprices qu’ils sont capables de faire et non au travers de ce que leur entourage plus ou moins proches en dit. La personnalité est réduite à sa plus simple expression : elle se jauge à l’échelle de la nuisance que chacun peut avoir sur son environnement. Tout autre échelle de valeurs est suspecte de moutonnage. Fondre l’individu dans la société, quelle idée rétrograde ! Et ensuite les gens vont vous parler d’amour, de fusion avec l’autre, de cette espèce d’idéal proprement opposable à la manière dont ils appréhendent leur altérité. Mais que faire ? La maladie est tellement bien ancrée et jouant sur des notes primitives. J’ai entendu dire qu’il ne fallait pas confondre l’évolution avec le progrès et au départ, je n’étais pas certain de comprendre la portée d’une telle affirmation mais désormais, la vision de celle-ci n’en est que chaque jour un peu plus clair.

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