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Ici, on ne regarde pas la chose, on passe à la suivante.

9 avril 2012

Ici, on n’essaie pas, on fait. Là-bas, tu en rêvais, ici, tu ne l’as pas et tu feras en sorte de t’en passer. Il n’y a pas grand chose à dire lorsque les choses sont ainsi, posées avec des règles qu’on ne peut pas contourner. Je ne suis pas d’ici. Alors je regarde. Je suis spectateur de ce film. Il n’est ni triste, ni joyeux. C’est ainsi.

Moi…. Je suis de là-bas. Je n’ai pas de vie, ici, pas d’attache. Juste des cordes à noeuds. Des noeuds que je noue et qui m’aident à respirer. Je n’ai rien à dire sur ici si ce n’est que les amabilités ordinaires.

“Qu’est-ce que tu en penses ?”

C’est la question qui revient sans cesse. Comme si elle pouvait changer le cours des choses. Et puis si tu dis les choses, on va te demander de quoi tu t’occupes, on va te dire que tu n’as pas le droit de dire cela, et au mieux, on ne va tout simplement pas comprendre.

Si un jour, on me demande ce que j’ai vécu, je pense que je répondrais : “rien”. J’ai passé mon temps à faire. Faire ce qu’il fallait. Faire ce que tout le monde refuse parce que cela empiète sur l’horizon banal de leurs possibles.

Je me restreins plus qu’à cela. Je crois que c’est mon “job”. En déroulant la pellicule à l’envers, c’est une évidence. Je me rappelle encore de ta question : “C’est quoi tes rêves ?”

Je me rappelle du silence.

“Les siens, les tiens… Les autres…”

Je me rappelle ta mine un peu déconfite et mon sourire pour te dire qu’il n’y avait rien de grave dans tout ça.

“Mais comment ?…”

Comment cela arrive ? Je ne peux pas te l’expliquer en un quart d’heure. Tout ce que je peux dire, c’est qu’il y a certaines circonstances qui font qu’on se rend compte que la beauté n’est pas dans l’éternelle construction, déconstruction pour faire croire que l’on a bâti quelque chose. La beauté est dans le quotidien, dans les entrechats que l’on fait pour que la note soit juste, même si la figure en elle-même est quelque chose qui tient de l’équilibrisme.

“Alors ça te fait quoi ?” m’a-t-elle demandé, figure-toi….

Je n’ai pas répondu et j’ai juste souri. S’il avait fallu que je lui dise que cela me renvoyait à un acte manqué, elle m’aurait dit que je gâchais la fête.

Ici, on ne regarde pas la chose, on passe à la suivante.

Dans le tort des âmes

1 avril 2012

Dans le tort des âmes
On remâche les livres
On avale les bières
Et l’on danse les femmes
Comme on cache qu’on est ivre
Qu’on a pleuré l’hier
Où l’on a donné du Madame
Alors qu’on lui offrait sa terre

Dans l’effort qui se pâme
Y a des mots qui s’écrivent
Des accords qui se rament
Et des flots qui ravivent
La douceur de l’équerre
La beauté de l’esquive
Et l’odeur des misères
Qui enlace le drame

Dans le tort des âmes
On s’invente une guerre
On s’écrit une missive
Qu’on envoie à la femme
A la fille lascive
Les remords à l’envers
Des dentelles qui crament
Dans ces envies hâtives

Dans le port où les flammes
Ont brûlé les navires
Les rêves d’une entame
Qui ne rêve qu’à languir
On se dit, on se drame
Et l’on boit cette bière
Pour oublier la lyre
De l’enfant qu’on enterre

Dans le tort des âmes
On remâche les livres
On avale les bières
Et l’on danse les femmes
Comme on cache qu’on est ivre
Qu’on a pleuré l’hier
Où l’on a donné du Madame
Alors qu’on lui offrait sa terre

Je vais te faire une confidence

1 avril 2012

Je vais te faire une confidence. Je crois qu’on ne pardonne pas à des gens comme moi. Je crois que même si les années passent que les gens vous disent que tout ceci, c’est du passé : il n’en est rien. Les gens oublient mais ils pardonnent pas. Et surtout, on ne se pardonne pas. Je déteste mon reflet. Je ne l’aimais déjà pas avant. Alors après, ce ne fut qu’une suite logique. Ce qui est le plus étrange dans tout cela, c’est qu’il reste des personnes qui ne vous connaissent pas ou vous connaissent à peine pour vous dire que ce que vous décrivez de vous, ce que vous savez de vous n’est pas vrai. Ils ont l’âme généreuse. Ils ont l’âme ignorante. Ils ont l’âme que je n’ai pas pas. Que je n’ai plus. Que je n’ai jamais eue, sûrement.

Je vais te faire une confidence. J’ai été amoureux d’elle. J’ai été amoureux de lui ou d’elle. J’ai été amoureux de l’idée que je me faisais de nous. Je l’ai été. Et à un moment. Il n’y a eu plus rien. Je suis incapable de dire exactement ce qui s’est passé. Ce que je sais, c’est ce que j’avais en moi. Peut-être crois-tu que dit comme cela, cela rend les choses plus limpides, plus évidentes mais il n’en est rien.

Je vais te faire une confidence. J’aurais voulu aller jusqu’au terme. Je n’en avais rien à faire des circonstances, du contexte, de la “manière de faire”. Pour moi, ce qui comptait, c’était qu’il ou elle soit… un truc palpable, un truc vrai. Je m’en fichais que ce soit issu du scénario le plus improbable.

Et puis… ça ne s’est pas fait. Il y a ces mois de rien. Ces dialogues de sourds. Cette imagination au pouvoir pour remplacer les faits. Je me suis battu contre elle. Pour ne pas imaginer les choses. Pour juste être conscient de ce qui était arrivé. Même si je devais pour cela marcher sur la tête, j’étais prêt à encaisser. De tout temps, j’ai été le “grand frère”, celui mange avant les autres. Celui qui défriche le chemin. Je suis toujours un peu fichu comme ça… Tu le sais bien. Et si tu ne le sais pas… Tu vas te dire au moment tu vas lire ces lignes que c’était évident.

Je vais te faire une confidence. C’est que ce qu’il fallait que j’accepte, je ne l’ai jamais accepté. J’ai essayé pourtant. Je l’ai appelée, un an après à la naissance de son premier. Ce fut comme si, je n’avais rien fait. Et puis… Il y a eu toi… et elle. Je ne sais pas ce qui s’est passé courant du mois de mai. Je sais juste qu’au moins un soir… J’étais là. Je n’ai sûrement pas su être à la hauteur ou bien ce n’était pas le moment. J’ai souvenir d’une réponse de toi comme quoi c’était un peu ça : “ce n’était pas le moment, ce n’était pas l’endroit”. J’ignorais à l’époque totalement ce que la réalité de ces mots recouvrait. Je me rappelle juste que j’étais bien cette nuit-là. Que j’étais inconscient sur ce que l’avenir pouvait nous réserver. De toutes les personnes qui pouvaient comprendre. tu étais sûrement la dernière à laquelle j’aurais pu penser. Cela n’avait rien à voir avec ce que je pouvais penser de toi. C’était rapport au contexte. Comment peut-on comprendre quelqu’un qui fuit ?

J’ai fuit la réalité : c’est un fait. Je la fuis encore. Mais au delà de ça… Je suis devenu conscient. D’autres vont dire que je suis devenu psychotique. Je m’en fiche. Elle était là. Tu étais là. Ca me suffisait. Je ne pouvais pas te demander la lune, cela aurait été indécent. Et puis il y a eu le reste. La suite des épisodes. Une espèce de roman feuilleton.

Je vais te faire une confidence…. Mais je ne sais pas laquelle. J’ai retourné la terre, défriché les arbustes qui auraient pu faire de l’ombre. J’ai taillé les rosiers pour qu’ils aient moins d’épines mais même après cela, je ne sais pas. Je voudrais te dire que l’idée que tu te fais de moi est fausse mais la vérité est que j’ignore ce que tu penses. T’es peut-être la dernière personne sur cette terre dont je suis incapable de prédire le moindre geste. T’es peut-être aussi la dernière personne qui puisse vraiment avoir une influence sur moi. Tu “as” des choses “qui m’appartiennent” même si tu ne le sais pas. Je ne veux pas que tu les gâches ou que tu m’en prives même si je sais que si tu le fais, tu n’en auras peut-être même pas conscience. Alors tu vois… Il n’y a pas vraiment de question dans ce qui peut m’interroger encore. Ce n’est pas une sorte d’intersection où l’on doit choisir d’aller à droite ou à gauche. C’est plutôt une sorte de grand rond point avec je ne sais combien de branches.

Et je vais te faire une confidence… J’ai peur tu sais…. De la direction que tu vas prendre. De ce que tu vas m’enlever… Aussi dérisoire que cela puisse être dans ta tête, tu m’as donné des choses. Et c’est ça qui fait que tout peut basculer.

Tais-moi

1 avril 2012

Je voudrais que tu saches le faire. Que tu en aies l’envie. Je voudrais que tu n’ignores rien des choses que je ne dis pas, des choses que je ne suis pas capable d’exprimer.

Peut-être que je vole certaines choses parce qu’on ne me les a jamais données. Peut-être que je le fais avec de bonnes raisons. Peut-être sont-elles mauvaises et c’est juste que je ne veux pas les regarder. Mais tu vois, de tout cela, je n’en veux plus de ces questions. Je ne veux plus de ces doutes pour savoir qu’où je viens, où je suis et où je vais. J’ai juste besoin de réponses simples et rapides. J’ai juste besoin de savoir que je t’aurais toujours à mes côtés. Que je pourrais toujours les avoir, elles. Que vous ne m’en voudrez pas de laisser une place à lui ou elle, d’avoir ces quelques moments de tristesse accrochés au coeur chaque année, d’avoir le regard qui part vers le néant à sa recherche, à la recherche de son idée.

Je veux que tu me taises sur tout ça. Je veux apprendre à vivre sans être le support de rien. Je veux pouvoir être là sans le faire parce que j’y suis contraint. Je ne veux pas marcher à l’envers et raconter que ça ne fait rien.
Je veux vivre. Je ne veux pas me souvenir de toi. Je veux te vivre. Je ne veux pas souhaiter ce que tu devrais être pour moi. Je veux que tu sois.

Je veux mais je ne sais rien de ce que tu entendras. Alors « Tais-moi ».

Que feriez-vous si vous étiez la tour de Pise ?

29 mars 2012

La tour de Pise a-t-elle déjà eu conscience de ne pas avoir été construite dans les règles de l’art ? A-t-elle déjà réalisé que ses architectes ne l’avaient pas anglée correctement ? Je n’ai pas la réponse à cette question mais simplement, je me la pose. Je pensais à elle, ce soir en écrivant encore quelques lignes d’une nouvelle histoire que je tente de raconter. C’est étrange ou pas courant ? Je le conçois et en même temps, de mon point de vue, cela me parait naturel. J’ai le sentiment qu’il y a un parallèle à faire, une espèce d’analogie un peu absurde. J’aime bien l’absurde… J’aime bien les sentiments. J’aime bien ce qui n’est pas guidé par l’instinct de survie, ni la logique mathématique. Je n’aime pas le raisonnement et en même temps, je suis contraint de constater que tout en ce bas monde est régi par cela. Il y en a qui confondent instinct de survie avec “sentiment”. Un sentiment, est quelque chose qui est construit sur un illogisme de fait. Il ne répond à aucun règle naturelle, ni à aucun théorème. C’est quelque chose qui n’est pas contraint par la condition propre de celui qui l’éprouve. La condition propre à chacun n’est que contextuelle, elle est ancrée dans la circonstance bonne comme mauvaise mais quelque chose qui sort de là, n’a rien à voir avec la définition d’un sentiment. C’est au mieux un état d’âme franc mais ce n’est en aucun la démonstration d’un quelconque sentiment. L’état d’âme est foncièrement attaché à sa terre. Il n’a aucunement la vocation de tendre vers l’autre. Au contraire, c’est juste une information qui dénonce le mur entre soi et le reste du monde. Celui qui est honnête, n’attend rien lorsqu’il jette aux regards des autres un état d’âme. L’objectif premier n’est pas d’attirer l’attention… Juste d’exprimer… Mettre des mots sur un flou intérieur.

La tour de Pise a-t-elle déjà eu conscience de n’être pas le canon, le mètre ? Elle va de traviole et on vient la voir pour cela. Certains lui prédisent ou prédisaient dix ans et elle tient pourtant depuis presqu’un millénaire…. Vu de l’extérieur… C’est super d’être la tour de Pise. On peut tout faire, même les pires bêtises. Oui. Peut-être. Mais la tour de Pise, elle ne parle pas. Elle n’exprime ni d’état d’âme et encore moins ses sentiments. Et pourtant. Elle, elle sait que pour atteindre le ciel, elle en aura mathématiquement pour plus longtemps que n’importe qui. Elle sait aussi qu’elle tombera à terre sûrement avant. Alors la question est la suivante : que feriez-vous si vous étiez la tour de Pise ?

Tout arrive un jour…

29 mars 2012

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Mieux vaut ne pas y penser que de trop rêver à un peut-être

24 mars 2012

Je n’ai guère de temps en ce moment pour penser et je me dis à ce propos que c’est sûrement mieux. Ce n’est pas que je n’aurais pas envie de consacrer du temps à d’autres choses qui me paraissent mille fois plus importantes que celles que je fais mais c’est juste que je me dis que ça me permet d’éviter de penser à la distance qui me sépare d’elles. Et pourtant, je crois que je rame. Je devrais même pouvoir participer à une compétition olympique, je devrais pouvoir arriver à me classer dans le top ten.

Sérieusement, je ne sais pas ce que tu vas dire vis à vis de cela mais… Je crois que je me suis créé un manque. Je n’aurais peut-être pas dû. J’aurais peut-être dû continuer à renforcer les défenses, à colmater les brèches et augmenter l’épaisseur des parois où je me suis enfermé. C’est dingue que même lorsqu’on occulte toutes les fenêtres, les bas de portes, la lumière trouve toujours un moyen de passer. C’est dingue et en même temps, je ne peux pas nier que cela me soulage. J’en ai parfois assez d’avoir cette image de marbre, d’acier froid et inerte qui me colle à la peau. J’en ai parfois assez d’avoir cette image d’endroit où l’on peut venir se réchauffer une nuit pour retourner gambader ailleurs celle d’après.

Je ne sais pas retenir les instants. Je sais m’en souvenir, je sais les coucher sur le papier mais je ne sais pas les retenir. Je ne sais que les regarder passer, aller et venir. Je sais les prendre dans mes bras quand il le faut, leur montrer la direction qu’il faut qu’ils prennent la prochaine fois. Et c’est tout. Ca s’arrête là.

Je ne veux pas me plaindre à propos de cela car je sais trop bien que c’est déjà ça. C’est bien déjà, de pouvoir les prendre au moins une fois dans ses bras. C’est mieux que quand on n’en a pas l’occasion. Ca ne se prend pas dans les bras, une chose qui n’existe pas. Tu comprends ? Tu te rappelles ? Tu vois pourquoi je dis ça. Non ?

Alors oui, je me suis créé un manque. Un manque d’”elles”, un manque de “toi”. J’ai besoin de ça… Ne cherche pas d’autre raison. Je pouvais rester sur le côté de ma rive mais ça ne le faisait pas. Y a mille endroits sur terre où c’est joli, ou il fait chaud et où on peut même se faire dorloter sans trop savoir pourquoi. Mais de ça, je m’en fiche. Ca n’a ni couleur, ni odeur. Ca ne vaut même pas une carte postale.

Je n’ai guère de temps en ce moment et je me dis que c’est tant mieux. Car dès que j’ai quelques minutes, je commence à repenser au fait que je ne suis pas là. Ni là où je suis, ni là où je voudrais être et je crois qu’il vaut mieux ne pas y penser que de trop rêver à un peut-être.

Je ne vais pas te le dire mais je voudrais que tu l’entendes

14 mars 2012

Il est des gens qui ne restent toute leur vie qu’une idée, un concept, un idéal. Ce sont des gens qui n’ont pas de vie propre que celle qu’ils tracent en prenant les virages que les autres leur proposent. Il est des gens qui ne savent pas dire non, qui ne savent pas choisir. Ce sont des gens qui ont un appétit de vie tel qu’ils ignorent ce que sont les hauts ou les bas, les plaisirs et les déceptions. Ce sont des gens pour qui tout se vaut. Non pas qu’ils estiment qu’il ne faut pas accorder de la valeur aux choses mais simplement, pour eux, le pire n’est pas l’ennemi du bien. L’idée n’est pas de s’extraire d’une certaine moralité, des codes, des préceptes… Non. Rien de tout cela. Simplement, pour ces gens-là, l’idée que l’on puisse penser qu’une chose est strictement négative ou strictement positive en fonction d’un référentiel de valeurs unique : c’est quelque chose qui rentre le domaine de l’impensable. Je ne peux pas vous expliquer dans le détail le pourquoi du comment… L’origine, la « cause » qui fait que des gens comme cela puissent exister. Sûrement que quelque part, ce n’est pas « normal » de dire cela. Dans une certaine réalité, c’est même complètement déconnant mais pourquoi nier ?
A chaque étape de la vie, on apprend systématiquement que ce qu’on nous présentait comme cadre définitif à l’étape précédente était le summum de la vérité. Si l’on ne comprend pas, il suffit d’admettre. Peut-être que cela peut se heurter à des convictions plus ou moins profondes, à un vécu plus ou moins chahuté mais on trouve toujours quelqu’un dans l’étape « d’après » pour nous expliquer qu’en fait, il ne faut rester à ce qui paraissait le sommet de la montagne hier et qui aujourd’hui, ressemble simple à la petite butte qui pointe en altitude à pas plus de vingt mètres au-dessus du niveau où l’on est. A partir de là, on te laisse le choix. Soit tu t’arrêtes là et tu t’établis. Soit tu continues de « jouer » et tu remets des pièces dans le monnayeur. Ensuite, c’est juste un problème de moyen… Si tes moyens sont réduits, tu sentiras bien vite que l’étape d’après sera comme un voyage sans retour et surtout sans garantie de pouvoir atterrir quelque part. Si tu es dans l’option opposée : rien ne peut t’arrêter. Même pas tes propres limites. Il y a sûrement un côté « jusqu’au boutiste » dans cette démarche mais est-ce un élément suffisant pour se préserver ? Et si ça marchait. Et si finalement, tout ce qui paraît aujourd’hui comme un vrai pensum, demain, ce n’était qu’une formalité.
Qu’on se comprenne bien, il s’agit pas de nier la dureté des choses, ni la difficulté. Il ne s’agit pas de nier que la douleur, les choix intranchables ne soient que des fantasmes. La douleur est juste liée au « rite » de passage.
Je n’ai jamais compris si cela correspondait à une formule « magique » ou si cela tenait à une certaine tolérance à l’inconcevable. Tout ce que je sais, c’est que ça passe et c’est comme ça. Le truc qui pouvait te paraître « débile » hier, devient un repère et parfois même, le pilier sur lequel tu vas être amené à construire l’escalier pour atteindre le « niveau » suivant. S’il m’est permis de faire l’analogie, la vie me fait parfois penser à ces jeux de plateformes auxquels je pouvais jouer quand j’avais un âge moindre. Il y a avait toujours les joueurs qui restaient bloqués à un niveau, ceux qui passaient au niveau d’après au travers des « power-up » et autres « astuces » qui permettaient de passer au suivant sans faire le tableau en entier et enfin… Il y avait ceux qui y allaient de manière laborieuse sans mettre cinquante bonus de côté et qui finissaient le niveau en slip mais en ayant franchi les pièges, les chemins tortueux prévus pour ce type de personne… Je ne parle pas des joueurs qui étaient capables de passer le tableau en fermant les yeux…. Déjà, c’était excessivement rare car on peut être doué mais tout a une limite. D’autre part, la question pouvait se poser ensuite de savoir ce que ce genre de personnes était capable de tirer comme conclusion en ignorant totalement ce qui pouvait présenter des non-évidences. Forcément la conscience de l’autre est amoindrie. Le référentiel étant faussé au départ, il était pratiquement impossible d’envisager une issue « positive ».
Maintenant que tout ça est dit… Pourquoi j’explique cela ? Bonne question. Ce n’est pas une envie. Ce n’est pas l’idée d’un défi. Ce n’est pas comme se jeter à corps perdu dans un vide interstellaire. Non… C’est juste un besoin. C’est juste une réalité. C’est juste l’idée d’un autrement. Les sentiments ne changent pas mais tout bêtement, on en fait autre chose. L’autre n’est pas étranger. L’autre n’est à l’opposé. On se dit juste qu’on doit pouvoir converger. Convergence.
Je ne maîtrise rien et je ne veux pas nécessairement maîtriser vraiment « l’étape d’après ». J’ai besoin d’être juste en phase avec une réalité de sentiments. Je ne peux pas me dire qu’il y a des routes sur lesquelles il y a un chemin tout tracé et d’autres où c’est l’impasse totale. Tant qu’on n’a pas goûté, on ne peut pas faire la grimace. Même pas en arguant qu’hier, ce n’était pas vraiment ça. Au final, si on était honnête avec soi-même et avec l’autre, l’immuable « attirance » ne peut pas faire pshitt et s’en aller. Ce n’est pas un tableau blanc que l’on efface d’un simple coup de chiffon. En tout cas, moi : c’est le cas. Sûr qu’il y a eu de l’eau qui a coulé sous le pont. Sûr que le temps a laissé des cicatrices. Mais sûr aussi qu’il m’a laissé les yeux brillants. Comme avant. Mieux qu’avant. Car je ne vois plus un idéal mais je te vois toi. Tu n’es pas nue. Tu n’es pas obligée. Je veux juste savoir mettre des mots et des couleurs sur le tableau. Je veux savoir là où il faut que ce soit bleu, là il faut que ce soit rouge. Je ne veux pas qu’on me demande si c’est ça ou ça qui me guide. Il n’y a rien qui me guide. J’ai juste un besoin et une conviction qui peut se satisfaire des pires contraintes. J’enfoncerai sûrement des portes ouvertes, et je me prendrai sûrement le panneau de celles qui sont fermées mais je ne peux pas ne pas tenter de faire le nécessaire. Je ne peux pas reculer. Je ne veux pas mettre en péril des choses qui sont belles. On peut oublier d’y mettre la patine mais même sans ça, ça brille, C’est beau.
Je ne vais pas te dire ce que tu as considéré comme un gros mot parce que tu as pensé un moment que je l’avais prononcé sans vraiment l’avoir en moi. Je ne sais pas faire ça. Je ne vais pas te le dire mais je voudrais que tu l’entendes.

Je ne suis d’aucune lutte.

9 mars 2012

« Les femmes, je suis contre… tout contre. » Sacha Guitry

Je ne suis d’aucune lutte. Je ne suis engagé dans aucun combat “contre” ou “pour”, pas par absence de conviction politique, et non par ignorance des opinions de la société. Seulement, je n’aime pas mettre en relief. Je n’aime pas mettre en avant une chose par rapport à une autre. Et pourtant, aujourd’hui, j’ai envie de m’exprimer. J’ai envie d’écrire le portrait d’une femme, d’une personne que je connais maintenant depuis quelques années. C’est quelqu’un qui m’a séduit, qui m’a énervée, que j’ai pu détester au travers de ses prises de position qu’elle ne m’expliquait pas et des réponses qu’elle ne voulait pas me donner mais quelqu’un, au final qui a su “être” “une” et “indivisible”. Une personne qui a su, ne pas être dans un rapport unique et simpliste de séduction, de falsification de ce qu’elle était “elle”. Une personne, aussi, qui a su me prouver qu’elle voyait au travers de moi. Qu’elle ne regardait pas que mon reflet falsifié pareillement. Une personne qui, même si quelques fois, elle a pu se méprendre dans l’interprétation de mes gestes, de mes paroles, a su passer outre.

Comment vous dire que ce genre de personne, que ce genre de “connexion” avec une personne est rare voire peut-être unique dans une vie ? Comment vous dire aussi que lorsque vous vous levez ce matin et que vous entendez tous les discours les plus beaux, les plus consensuels, les plus révoltés sur le rapport de “marbre” que l’on voudrait instaurer pour obtenir une esthétique aux proportions proches de l’idéal, comment vous dire que même si vous pouvez approuver tout ce déversement de “bons sentiments”, comment vous dire que la solution n’est pas dans ce “marbre” ? Comment vous dire que l’équilibre que vous cherchez n’est pas dans la séduction d’une place que vous pouvez promettre mais dans la place que vous octroyez vraiment ? Comment vous dire qu’on ne sent jamais plus égal à l’autre que lorsqu’on se fait face, que lorsqu’on se regarde avec les yeux de l’intérêt, du compromis et non de la concession ?

Je ne suis d’aucune lutte. Je ne veux pas défendre la moitié de l’humanité contre l’autre. Quel intérêt ? Ce que je sais, c’est qu’elle existe cette autre moitié. C’est qu’elle sait garder la tête hors de l’eau. Qu’elle sait aussi chercher l’épaule sur laquelle elle pourra s’appuyer lorsqu’elle aura besoin. Ce que je sais, c’est que cette autre moitié, est “mon autre moitié”. Sans elle, je ne suis que la rive d’un océan dont la traversée ne mène nulle part. Qu’importe que cette traversée comporte des étapes sur des îles que d’autres explorateurs ont pu laissé à l’abandon. Elle est l’autre rive et l’océan n’est plus qu’une mer intérieure.

Je ne suis d’aucune lutte, je ne veux brandir aucun drapeau. Je ne veux pas penser plus loin que ce que je suis capable de faire. En revanche, je veux faire pour aller plus loin que ce que nous pouvons penser. Sans céder à la tentation du marbre.

Là où je vis

4 mars 2012

C’est juste un bisou dans le cou. Un mouvement de tête un peu maladroit mais une intention certaine. Les gestes les plus significatifs sont souvent les plus maladroits et les plus incertains. En même temps, c’est toujours compliqué de faire comprendre sans réellement dire. Des fois, ce sont des phrases, des attitudes… Des regards aussi. Ces regards. Je ne sais jamais à quel point, tu es capable de me lire. Des fois, je me dis que non. Des fois, je me dis que oui. Des fois, je me dis que tout est bien flou et qu’au final, je n’en sais rien. Est-ce que cela change vraiment quelque chose ? Je vais être honnête : pour moi, non. Ce n’est pas que je n’ai que faire de ce que tu peux penser ou de la manière dont tu peux me décrypter. Pour moi, l’essentiel est d’abord dans le fait d’exprimer mon sentiment dans la mesure que j’estime essentiel. Ensuite le reste n’est que de l’interprétation. Pourquoi suis-je venu ce week-end ? Pourquoi je voulais prendre un train un peu plus tard ? Pourquoi je t’ai embrassée dans le cou ? Y a-t-il vraiment besoin de sous-titres pour entendre ce que c’est ? Suis-je ambigu ? Je ne le crois pas. Je pense que j’ai passé le stade de l’ambiguïté. S’il reste une inconnue, c’est juste la manière dont je suis prêt à continuer d’écrire l’histoire. Mais même là, il n’est plus lieu de douter du sens du vent. J’ai fait un choix. Je sais ce qu’il implique et où il peut m’entraîner. Mais à vrai dire, je m’en fiche. En fait, je n’ai plus d’alternative. Je n’en veux plus. J’entends d’ici ceux qui me diront qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis… Mais, je ne parle pas de donner mon opinion. C’est d’un autre ordre. D’une autre grandeur. C’est une émotion. Ce n’est pas une chose que l’on attache dans un coin en priant qu’elle nous laisse tranquille. De n’importe quel sens qu’on la prenne : elle est là, présente. Elle nous entoure. Elle t’entoure toi. Elle entoure elles. J’y passerais des heures et des jours s’il m’était permis de le faire. Je n’ai pas de lassitude, d’ennui. J’ai l’impression d’être en vie même si les minutes s’allongent et que je les regarde défiler au rythme de l’afficheur de ton micro-onde. Je rentre. Je prends le train et je m’éloigne. Je vais aller faire mes affaires pendant quelques semaines là où j’habite, où je travaille, où “je vis” paraît-il…. Mais l’essentiel de moi reste à côté de vous, dans le réel, comme dans le tête… Comme un album photo constamment vivant et ça me tient chaud, jusqu’à la prochaine.

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